LIVE avec Valérian Fauvel (Jumanji 2030) le 18 juin 2026
🎙️ Replay audio
.jpg)
8 leçons tirées du live avec Ebru Kaya (ex-Unilever) et André Andre Stürmer (ex-VC et banquier à JP Morgan), cofondateur·rices d'Atreyu, une société d'investissement evergreen, fondée en 2019, qui investit de façon régénérative, et de Ria, un écosystème d'apprentissage de l'investissement au service du vivant.
TLDR
Ce que je retiens, c'est qu'alors que plein d'acteurs de l'impact et de le RSE m'ont l'air d'être empêtrés dans ce qu'il serait pertinent ou non de qualifier de "regen", eux ont accepté l'intuition qu'investir de manière régénérative implique une dimension philosophique, et qu'il importe d'y réfléchir avec d'autres outils que ceux de l'investissement classique. Ils en ont même créé une formation, qu'ils partagent avec leurs LPs.
Plus je creuse les chiffres, plus j'ai la conviction que l'investissement à impact (et l'investissement VC en général) ne répond en fait à aucune rationalité. D'ailleurs, 2x plus d'argent est dépensé par les français dans les jeux d'argent qu'investi dans le capital risque... après tout, dans le grand jeu de la séduction des LPs pourquoi ne pas creuser l'angle philosophique pour libérer plus de capital en faveur d'une transition qui nous fera du bien à tou.t.e.s ?
Ebru et André se sont rencontré·es il y a huit ans, en cherchant une autre façon de faire entreprise et d'investir. Tous deux issus de l'économie “mainstream”, l'une en corporate, l'autre dans le venture capital et la banque d'investissement, « l'une des industries les plus extractives du monde ». Ils ont fini par tout quitter pour monter Atreyu, puis Ria. Sept ans plus tard, ils ont investi dans 7 entreprises.
Le fil de cette conversation n'est pas une méthode. C'est plutôt l'inverse. C’est ce qui se passe quand on arrête de vouloir tout maîtriser, qu'on se donne du temps, et qu'on fait confiance à l'émergence. Avec, en filigrane, une découverte qui résonne avec tout ce qu'on défend chez Jumanji : ils ont construit une structure steward owned… sans même savoir que ça portait un nom.
Et il y a un autre fil, tout aussi important : Atreyu n'a pas vocation à devenir un empire. Sa vocation : servir de preuve concrète qu'on peut investir autrement. Pour eux faire confiance à l'émergence ne veut pas dire “avancer à l'aveugle” : ça veut dire poser des preuves, pour que d'autres osent à leur tour. Pour moi, cela s’appelle le vrai courage entrepreneurial.
« You never change things by fighting the existing reality. To change something, build a new model that makes the existing model obsolete.» Richard Buckminster Fuller
Quand Ebru et André créent Atreyu, ils ne connaissent pas le concept de SO. Mais intuitivement, ils le mettent en place : les stewards (Ebru et André) prennent les décisions d'investissement et garantissent que l'entreprise reste fidèle à sa raison d'être, épaulé·es par un board qui gère la partie réglementaire.
Des années plus tard, ils tombent sur la théorie. Et découvrent, agréablement surpris, qu'ils l'avaient déjà adoptée, sans le vocabulaire. Autrement dit, l'esprit précède l'instrument. La structure juridique n'est pas un préalable : elle formalise une intention déjà vécue.